Refashion collecte 289 393 tonnes de textiles en 2024
Refashion a collecté 289 393 tonnes de textiles en 2024, marquant une hausse de 7,8% par rapport à 2023. Cela représente 4,2 kg par habitant français.
Points à retenir
- Refashion est l'éco-organisme mandaté par la France pour organiser la prévention et la gestion de fin de vie des textiles, linge de maison et chaussures.
- Une fois arrivés en centres de tri, les vêtements, chaussures et textiles d'ameublement usagés suivent quatre chemins parallèles.
- Refashion pilote 47 948 points de collecte répartis dans 16 728 communes.
- Refashion s'est fixé pour 2028 un objectif ambitieux : atteindre 60 % de la mise en marché collectée.
En 2024, Refashion a collecté 289 393 tonnes de textiles, chaussures et linge de maison en France. Ce chiffre marque une hausse de 7,8 % par rapport à 2023, dans un contexte nouveau : l’obligation européenne de collecte séparée des textiles est entrée en vigueur en janvier 2025, imposant aux États membres une gestion structurée des fibres usagées.
Le bilan 2024 de Refashion : les chiffres qui comptent
Refashion est l’éco-organisme mandaté par la France pour organiser la prévention et la gestion de fin de vie des textiles, linge de maison et chaussures. En 2024, l’organisme a piloté la collecte pour le compte de plus de 6 000 entreprises du secteur textile — fabricants, distributeurs, importateurs — qui financent ce système par l’éco-contribution. Cet écosystème a généré 139,1 millions d’euros de financement.
Les 289 393 tonnes collectées correspondent à 3,5 milliards de pièces mises sur le marché français dans l’année. Rapporté à la population, ce tonnage représente 4,2 kilogrammes par habitant — un indicateur qui reflète l’efficacité réelle de la maille de collecte. La progression d’une année à l’autre (7,8 %) traduit un double mouvement : l’accélération de la sensibilisation des consommateurs au tri textile, et l’élargissement progressif de l’infrastructure de récupération.
Ces chiffres positionnent la France comme un acteur majeur de la collecte textile en Europe. Mais 3,5 milliards de pièces mises en marché chaque année témoigne de l’ampleur du stock de textiles à collecter et à valoriser.
Que deviennent les textiles collectés ?
Une fois arrivés en centres de tri, les vêtements, chaussures et textiles d’ameublement usagés suivent quatre chemins parallèles. Le premier est la réutilisation, qui absorbe 56,8 % des tonnages collectés. Ces textiles reviennent sur le marché de la seconde main via des revendeurs spécialisés, des boutiques associatives, des plateformes numériques dédiées et des filières d’export vers les marchés consolidés du textile d’occasion.
Le deuxième flux est le recyclage mécanique et chimique, qui représente 24,28 % des tonnages. Le recyclage transforme la fibre elle-même : les défibreurs réduisent les textiles en fibres courtes réintégrées dans de nouvelles chaînes de production (laines régénérées, polyesters de seconde génération), tandis que les procédés chimiques reconstituent des polymères vierges. Ce segment progresse de 2 points par rapport à 2023, reflétant une montée en puissance progressive du recyclage textile en France et en Europe.
Le troisième débouché est l’usage industriel
10 % des textiles collectés deviennent chiffons d’essuyage pour le nettoyage professionnel — usines, ateliers, garages, équipements. C’est une application simple mais massive en volume, qui crée un marché stable et prévisible dans les secteurs industriels.
Le quatrième flux est la valorisation énergétique
7,9 % des textiles sont intégrés à des combustibles solides de récupération (CSR), utilisés dans les cimenteries, les installations de valorisation thermique ou les unités de récupération d’énergie. Ce pourcentage reste stable d’une année à l’autre.
Un chiffre-clé
99,8 % de l’ensemble des textiles collectés trouve une valorisation. Seule une fraction infime finit en décharge. Ce taux atteste une filière extrêmement dense et organisée, qui a peu d’équivalent en Europe pour ce type de déchet.
Une infrastructure massive : comment la France maille la collecte
Refashion pilote 47 948 points de collecte répartis dans 16 728 communes. Ce maillage représente un point de collecte pour 1 414 habitants en moyenne — un ratio extrêmement serré comparé à d’autres filières de déchets (verre, emballages, cartons). En zone urbaine, cette densité assure une très grande proximité ; en zone rurale, les points sont plus espacés, mais la couverture demeure sans équivalent en Europe.
Ces points revêtent des formes variées : conteneurs affiliés à des associations (Relais, Emmaüs), bacs de tri installés chez les commerçants ou à pied d’immeuble, collectes à domicile pour les gros volumes, points de réception en mairies. L’accessibilité varie selon les contextes géographiques — les zones denses offrent plusieurs solutions, tandis que les territoires plus éloignés en disposent de moins. Mais l’obligation légale de couverture force Refashion à affiner progressivement la densité territoriale, notamment dans les zones peu peuplées.
Chacun de ces points alimente des centres de tri, qui distribuent ensuite vers les filières de réutilisation, recyclage, usage industriel et valorisation énergétique. Sans cette densité de points, la collecte resterait une intention abstraite : c’est la proximité physique qui change le comportement du consommateur et actionne le geste de tri.
Cap 2028 : l’objectif de 60 % de collecte
Refashion s’est fixé pour 2028 un objectif ambitieux : atteindre 60 % de la mise en marché collectée. Pour y parvenir, plusieurs leviers sont à l’œuvre. D’abord, l’obligation européenne de collecte séparée entrée en vigueur en janvier 2025 élargit le cadre réglementaire et peut accélérer les investissements dans l’infrastructure. Ensuite, la montée en puissance des technologies de recyclage textile — notamment les procédés chimiques sophistiqués — crée de nouveaux débouchés pour les textiles collectés, rendant la filière économiquement plus attractive et plus résiliente.
Mais certains enjeux restent structurels. Pour que la collecte atteigne 60 % de la mise en marché, il faudrait convaincre un nombre croissant de consommateurs à participer au tri, un défi comportemental majeur. Il faut aussi que les débouchés du textile recyclé se développent : aujourd’hui, ces filières sont jeunes et dépendent fortement des innovations industrielles et des investissements du secteur privé. Enfin, les capacités logistiques et de tri doivent s’agrandir proportionnellement au volume attendu, ce qui nécessite des investissements en équipements et en ressources humaines.
Limites et lacunes
Refashion ne publie pas de ventilation détaillée par région, ce qui laisse ignorer comment le maillage de collecte se répartit réellement entre l’Île-de-France et les zones rurales. Le détail des 6 000 entreprises partenaires — leurs secteurs respectifs, poids relatif, répartition géographique — reste absent des rapports publics. Les trajets réels d’un textile spécifique, c’est-à-dire où exactement part un lot collecté, qui le traite, qui le revend, relèvent de la traçabilité que Refashion annonce comme objectif pour les années à venir, mais pas encore comme réalité en 2024. L’équivalence en emplois directs et indirects — combien de postes représentent la collecte, le tri et la post-valorisation — ne figure dans aucune publication officielle accessible.
Sources
Rapport d’activité Refashion 2024 (pro.refashion.fr/fr/rapport-activite-refashion-2024, consulté le 05/10/2026). Temps forts et chiffres clés Refashion (pro.refashion.fr/fr/temps-forts-et-chiffres-clés, consulté le 05/10/2026). Données de collecte textile (rapport-activite.refashion.fr/collecter, consulté le 05/10/2026). Article Fashion Network sur la collecte de textiles usagés en France (consulté le 05/10/2026).
